STATUE DE LA LIBERTE

Publié le par nereides

 

19 Juin 1986: décès de michel COLUCCI  

 


Coluche - les journalistes

 

 


 

19 Juin 1885
La Statue de la Liberté arrive à New York.
 
 
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La Liberté éclairant le monde, plus connue sous le nom de Statue de la Liberté, est l'un des monuments les plus célèbres de la ville de New York. Elle est située sur l'île de Liberty Island au sud de Manhattan, à l'embouchure de l'Hudson River et à proximité d'Ellis Island. La Statue de la Liberté a été offerte aux États-Unis par la France en 1886 en commémoration du centenaire de l'indépendance du pays et en signe d'amitié entre les deux nations. L'inauguration de la Statue a été célébrée le 28 octobre 1886 en présence du Président des États-Unis de l'époque, Grover Cleveland. La Statue a été réalisée par le sculpteur français Frédéric-Auguste Bartholdi et sa structure interne est l'œuvre de Gustave Eiffel qui a par la suite donné son nom à la célèbre tour. Le choix des cuivres devant être utilisés pour la construction a été confié à Eugène Viollet-le-Duc, qui eut l'idée d'utiliser la technique du repoussé. La Statue fait en outre partie des National Historic Landmarks depuis le 15 octobre 1924, et de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1984.
La Statue de la Liberté, en plus d'être un monument très important de la ville de New York est également l'un des symboles les plus universels des États-Unis, et représente en outre de manière plus générale la liberté et l'émancipation vis-à-vis de l'oppression. De son inauguration en 1886 au Jet Age2, la Statue a ainsi été la première vision des États-Unis pour des milliers d'immigrants, après une longue traversée de l'Océan Atlantique. En terme d'architecture, la Statue s'inspire directement du Colosse de Rhodes qui était l'une des sept merveilles du monde antique. Elle constitue enfin l'élément principal du Statue of Liberty National Monument qui est géré par le National Park Service.
 

Histoire
« Le rêve de mon existence est accompli », Auguste Bartholdi, 25 octobre 1886



Auguste Bartholdi, concepteur de la Statue de la Liberté.
L'idée d'un présent en gage de l'amitié franco-américaine et pour la commémoration du centenaire de l'indépendance du pays est due au politicien et historien Édouard Lefebvre de Laboulaye, auteur de Paris en Amérique et des Contes Bleu
À cette époque, les États-Unis sortent de la Guerre de Sécession qui a duré cinq ans de 1861 à 1865, et le pays est alors en pleine période de reconstruction et à l'aube du Gilded Age, c'est-à-dire de la « période dorée ». L'un des proches de Bartholdi, le sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi fut ainsi engagé pour imaginer une Statue qui devrait être achevée en 1876, date du centenaire.
En 1870, Bartholdi sculpte une première ébauche en terre cuite et en modèle réduit5. La France entre en guerre contre la Prusse et doit capituler. Le 10 mai 1871, elle doit céder l'Alsace-Lorraine au IIe Reich. L'opinion publique et le gouvernement français sont déçus par la sympathie des États-Unis pour les Allemands, dont le nombre est important sur le sol américain. Le projet commémoratif fut temporairement écarté en raison des troubles politiques que connaissait la Troisième République. En effet, la plupart des Français pensaient alors que cette république n'était qu'une solution temporaire qui laisserait place à la monarchie, ou à un régime semblable à celui de Napoléon Ier. L'idée d'offrir une représentation de la liberté à une république sœur située de l'autre côté de l'Atlantique joua alors un rôle important dans la lutte pour le maintien de la république.
En juin 1871, Bartholdi part pour les États-Unis où il repère le site de Bedloe's Island et tente de gagner des partisans. Il rencontre le Président américain Ulysses Grant le 18 juillet 1871.
 
Les modèles de la Statue
Quel visage choisir?
Isabella-Eugenie-Boyer.jpgIsabella Eugenie Boyer 
Des sources diverses mettent en avant différents modèles qui auraient servi à déterminer le visage de la Statue. Cependant, les historiens en sont réduits à des hypothèses et aucune proposition n'est véritablement fiable et authentique.
Parmi les modèles proposés, on retrouve Isabella Eugenie Boyer, veuve du milliardaire du monde de la couture, Isaac Singer. Cette dernière:
« Aurait été débarrassée de la présence pesante de son époux, qui l'avait laissée seule avec ses attributs sociaux les plus désirables : sa fortune et... ses enfants. Elle fut une figure célèbre depuis le début de sa carrière à Paris. Étant une belle veuve d'un industriel américain, elle fut contactée pour être le modèle de l'œuvre de Bartholdi. » 
Selon certaines sources, Bartholdi se serait inspiré du visage de sa mère, Charlotte Bartholdi (1801-1891), dont il était très proche, pour donner à la Statue son visage sévère. Le National Geographic magazine appuie cette hypothèse, en précisant que le sculpteur n'a jamais ni expliqué ni nié la ressemblance avec sa mère. D'autres modèles ont été avancés sans faire l'unanimité : Bartholdi aurait voulu reproduire le visage d'une jeune fille tenant une torche et montant sur une barricade, au lendemain du coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte. Il a peut-être réalisé une synthèse de plusieurs visages féminins, afin de donner une image neutre et impersonnelle de la Liberté.
 
Inspiration à l'étranger
Lors d'une visite en Égypte, destinée à élever ses perspectives artistiques du rang d'imposantes à celui de colossales, Auguste Bartholdi fut inspiré par le projet du Canal de Suez dont la construction allait être entamée sous la direction de l'entrepreneur et diplomate français Ferdinand de Lesseps, qui devint par la suite l'un de ses plus grands amis. Il imagina ainsi un immense phare qui serait situé à l'entrée du canal et dont il dessina les plans. Le phare serait à l'image de la déesse du Libertas panthéon romain, divinité de la liberté, mais sa représenation devait être modifiée afin de ressembler à une paysanne égyptienne en robe (une fallaha). La lumière du phare devait ainsi resplendir à travers un bandeau placé autour de la tête du phare, ainsi qu'au sommet d'une torche maintenue dramatiquement en l'air, en direction de cieux. Bartholdi présenta ses plans au Khediev Isma'il Pasha en 1867 puis de nouveau en 1869, mais le projet ne fut jamais retenu. Les dessins de ce projet intitulé L'Egypte apportant la lumière à l'Asie ressemblent fortement à la Statue de la Liberté, même si Bartholdi a toujours affirmé que le monument new-yorkais n'était pas un réemploi, mais bien une œuvre originale.
 
L'assemblage de la structure

L'armature de la Statue selon des plans de 1885
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D'un commun accord, il était convenu que les États-Unis seraient chargés de la construction de la base de la Statue, alors que les Français seraient responsables de la construction de la Statue puis de son assemblage une fois les pièces arrivées sur le sol américain. Cependant, des problèmes financiers survinrent des deux côtés de l'Atlantique.
En France, la campagne de promotion pour la Statue débuta à l'automne 1875. C'est l'Union franco-américaine, fondée en 1874, qui se chargea d'organiser la collecte des fonds pour la construction de la Statue. Tous les moyens de l'époque furent utiliser à cette fin : articles dans la presse, spectacles, banquets, taxations publiques, loterie, coupe-papier à l'effigie de la Statue, etc. Plusieurs villes françaises, des conseils généraux, des chambres de commerce, le Grand Orient de France mais aussi des milliers de particuliers firent des dons. Le nombre de 100 000 souscripteurs fut annoncé. Dès la fin de l'année 1875, les fonds rassemblés se montaient déjà à 400 000 francs. Mais ce n'est qu'en 1880 que la totalité du financement est assuré en France. Parallèlement, aux États-Unis, des spectacles de théâtre, des expositions d'art, des ventes aux enchères ainsi que des combats de boxe professionnels furent organisés pour recueillir de l'argent.
Pendant ce temps, en France, Bartholdi avait besoin d'un ingénieur pour s'occuper de la structure interne d'une telle statue en cuivre. C'est Gustave Eiffel, qui fut également en charge de la Tour Eiffel à laquelle il donna son nom, qui fut engagé pour réaliser le pylône métallique massif qui soutient la Statue, ainsi que le squelette secondaire interne qui permet à la « peau » en cuivre de la statue de tenir d'elle-même, et ainsi de tenir en position verticale. Les pièces de cuivre furent par ailleurs fabriquées dans les ateliers de la société « Gaget-Gauthier », en 1878. Les feuilles de cuivre furent données par Pierre-Eugène Secrétan. Les travaux de précision furent ensuite confiés par Eiffel à Maurice Koechlin, l'un de ses proches avec qui il travailla aussi sur la Tour Eiffel.
Bartholdi avait espéré que la statue serait terminée et assemblée pour le 4 juillet 1876, date précise du centenaire de l'indépendance, mais un départ différé puis quelques soucis durant la période de construction retardèrent les travaux : le plâtre de la main se brisa en mars 1876. Cette dernière fut tout de même exposée en septembre 1876 à la Centennial Exposition (exposition du centenaire) de Philadelphie. Les visiteurs pouvaient grimper une échelle qui menait au balcon situé autour de la torche, moyennant 50 cents. Des photographies, des affiches et des maquettes de la Statue furent vendues. L'argent récolté fut utilisé pour terminer les travaux. Deux années plus tard, en juin 1878, la tête de la statue fut révélée au public dans les jardins du Champ de Mars à l'occasion de l'exposition universelle de Paris de 1878 : les visiteurs pouvaient pénétrer dans la tête jusqu'au diadème au moyen d'un escalier de 43 mètres.
 
L'obtention du brevet

Le brevet de la Statue, obtenu par Bartholdi en 1879.
Le brevet de la Statue, obtenu par Bartholdi en 1879.
Le 18 février 1879, Bartholdi obtint un brevet pour sa statue, le brevet D11,023. Ce dernier la décrit en ces termes:
« Une statue représentant la Liberté éclairant le monde, qui consiste, fondamentalement en un personnage féminin drapé, avec un bras levé, portant une torche, alors que l'autre tient une tablette gravée, et avec un diadème sur la tête, en substance comme indiqué plus avant. » 
Le brevet précise aussi que le visage de la statue possède des « traits classiques mais graves et calmes », et note que le corps de la statue est légèrement penché sur la gauche afin de reposer sur la jambe gauche, de telle sorte que le monument tienne en équilibre. Il est en outre précisé que la statue est couverte de représentations « de toute manière connues en art glyphique sous forme de statue ou statuette, ou en haut-relief ou bas-relief, en métal, pierre, terre cuite, plâtre de Paris ou autre composition plastique. »
 


L'acquisition de l'île
La statue est située sur l'île de Liberty Island, dans le port de New York. À l'origine, l'île était connue sous le nom de Bedloe's Island, et servait de base militaire. Elle abritait le Fort Wood, bastion d'artillerie construit dans du granite et dont les fondations en forme d'étoile à onze branches servirent de base pour la construction du socle de la statue. Le choix du terrain et son obtention demandèrent plusieurs démarches. En 1877, le Congrès américain donna son accord pour la construction de la statue, et W.T.Sherman fut nommé pour désigner le terrain où le monument serait bâti. Il choisit le site de Bedloe's Island. Quinze ans avant l’inauguration, Bartholdi avait déjà envisagé de construire son bâtiment sur l’île de Beldoe. Dans son esprit, elle y était déjà construite, et tournée vers son continent d'origine, l'Europe dont elle accueillait et allait continuer d'accueiller les immigrants. C'est en 1956 que le Congrès décida le changement du nom de l'île qui devint Liberty Island, c'est-à-dire « l'île de la liberté ».
 

Les dernières étapes de la construction, puis l'assemblage

Le socle 
Le socle, avant d'accueillir Miss Liberty.Le socle, avant d'accueillir Miss Liberty.
La réalisation de l'immense socle de la statue avait été confiée par Bartholdi aux Américains, alors que les Français devaient se charger de la construction de la statue puis de son assemblage. Les récoltes des fonds nécessaires à la réalisation de l'ouvrage furent placées sous la responsabilité de l'Attorney General, William M. Evarts. Mais étant donné qu'elles avançaient très lentement, Joseph Pulitzer accepta de mettre à la disposition des responsables de la construction les premières pages du New York World afin de récolter de l'argent. Le journal fut également utilisé par son créateur pour critiquer les classes aisées, étant donné leur incapacité à trouver les fonds nécessaires, ainsi que les classes moyennes, qui comptaient sur les plus riches pour le faire. Les critiques acerbes du journal eurent alors des effets positifs, en incitant les donneurs privés à se manifester, tout en offrant au journal une publicité supplémentaire, puisque 50 000 nouveaux abonnés furent enregistrés pendant cette période. Les fonds nécessaires à la construction du socle imaginé par l'architecte américain Richard Morris Hunt et réalisé par l'ingénieur Charles Pomeroy Stone, furent toutefois rassemblés en août 1884. La première pierre du piédestal fut posée le 5 août 1884, et le socle, majoritairement composé de pierre de Kersanton fut construit entre le 9 octobre 1883 et le 22 août 1886. Lorsque la dernière pierre de l'édifice fut posée, les maçons prirent plusieurs pièces d'argent dans leur poche, et les jetèrent dans le mortier. Les participants à la cérémonie déposèrent leurs cartes de visites, des médailles et des journaux dans un coffret de bronze, déposé dans le socle. Au cœur du bloc qui compose le socle, deux séries de poutres rattachent directement la base à la structure interne imaginée par Gustave Eiffel de telle sorte que la statue ne fait qu'un avec son piédestal. En outre, la pierre composant le socle de la Statue de la Liberté provient des carrières d'un petit village de France, Euville dans la Meuse, réputé pour la blancheur de sa pierre, dite d'Euville et pour ses qualités de faible érosion à l'eau de mer.
 
La traversée de l'Atlantique, l'assemblage et l'inauguration

La tête de la statue à l'atelier.La tête de la statue à l'atelier.
Les différentes pièces de la Statue furent terminées en France dès 1884. La Statue reçut alors plusieurs visiteurs de marque tels que le Président de la République Jules Grévy et l'écrivain Victor Hugo. Le démontage commença en janvier 1885.
La Statue fut envoyée à Rouen par le train, puis elle descendit la Seine en bateau avant d'arriver au port du Havre. Elle arriva dans le port de New York le 17 juin 1885, à bord d'une frégate française, l'Isère et reçut un accueil triomphal de la part des New-Yorkais. Afin de rendre la traversée possible à bord d'un tel navire, la statue fut démontée en 350 pièces, réparties dans 214 caisses, en sachant que le bras droit et sa flamme étaient déja présents sur le sol américain, où ils avaient été exposés, une première fois lors de la Centennial Exposition, puis à New York. 36 caisses furent réservées aux rondelles, rivets et boulons nécessaires à l'assemblage. Une fois arrivée à destination, la statue fut réassemblée en quatre mois, sur son nouveau piédestal. Les différentes pièces furent jointes par des rivets en cuivre et le drapé permit de résoudre les problèmes de dilatation.
Le 28 octobre 1886, la Statue de la Liberté fut inaugurée en présence du Président de l'époque, Grover Cleveland, ancien Gouverneur de New York, et devant 600 invités et des milliers de spectateurs. C'est Frédéric Desmons, qui fut vice-président du Sénat qui représenta la France lors de l'inauguration. Ferdinand de Lesseps et de nombreux francs-maçons étaient également présents. Le monument représentait ainsi un cadeau célébrant le centenaire de l'indépendance américaine, livré avec dix années de retard. Le succès du monument grandit rapidement : dans les deux semaines qui suivirent l'inauguration, près de 20 000 personnes s'étaient pressées pour l'admirer. La fréquentation du site passa de 88 000 visiteurs par an, à un million en 1964 et trois millions en 1987.
 
Le phare du port de New York
Le statue fonctionna comme un phare entre la date de sa construction en 1886 et 1902. À cette époque, c'est l'U.S. Lighthouse board qui était chargé d'assurer son fonctionnement. Un gardien de phare avait même été assigné à la statue, et la puissance du faisceau lumineux était telle qu'il était visible à une distance de 39 kilomètres. Un générateur d'éléctricité avait alors été installé sur l'île afin de faire fonctionner la structure.
 

Évolution de la statue

Les rénovations

La torche

La torche originale, remplacée en 1986.Le flambeau qui est actuellement tenu par la statue n'est pas celui qu'elle arborait lors de son inauguration en 1886. Il a été remplacé par une nouvelle torche recouverte de feuillets d'or, qui est éclairée par des lampes placées sur le balcon qui l'entoure. En 1985, pour rénover le flambeau de la statue, les États-Unis ont fait appel à une entreprise de Bezannes, près de Reims, où travaillent des artisans experts en ferronnerie d'art. Une équipe de Rémois a donc remis à neuf la torche rongée par la rouille. L'ancienne torche est aujourd'hui exposée dans le musée situé dans le hall de la structure.



« Peau neuve » pendant les années 80
La Statue de la Liberté a été l'un des premiers monuments ayant bénéficié de ce que l'on appelle outre-Atlantique une campagne de cause marketing. En effet, en 1983, le monument a été placé au cœur d'une opération promotionnelle menée par American Express, visant à récolter des fonds pour entretenir et rénover l'édifice. Ainsi, il fut convenu que chaque achat fait avec une carte American Express entraînerait un don de un cent par l'entreprise bancaire. La campagne permit ainsi de réunir 1,7 millions de dollars. En 1984, la statue fut fermée afin que des travaux, d'un montant total de 62 millions de dollars, puissent être menés à l'occasion de son centennaire. Le président de Chrylser Lee Iacocca fut nommé par le président Ronald Reagan pour superviser cette tâche, mais fut par la suite évincé afin de ne laisser place à aucun conflit d'intérêts.
La torche originale, remplacée en 1986.
Les ouvriers en charge des travaux érigèrent un échaffaudage autour de l'édifice, dont la vision fut obscurcie jusqu'à la cérémonie du centenaire tenue le 4 juillet 1986. La statue, entourée de son échafaudage apparaît d'ailleurs dans le film Remo sans arme et dangereux, sorti en 1985. Le travail à l'intérieur de la structure débuta par l'emploi d'hydrogène liquide afin d'enlever les différentes couches de peinture appliquées à l'intérieur de la carcasse en cuivre pendant plusieurs décennies. Une fois ces couches de peinture éliminées, il ne resta plus que les deux couches originelles de goudron qui servaient à prévenir les fuites, et éviter la corrosion. Le goudron fut ensuite à son tour éliminé grâce à du bicarbonate de soude, sans que la structure en cuivre ne subisse de quelconques dommages. Les plus gros trous présents dans le cuivre furent quant à eux lissés, avant d'être obstrués par de nouvelles plaquettes.
Chacune des 1 350 pièces métalliques soutenant la « peau » durent être ôtées puis remplacées. Le fer avait subi une forte corosion galvanique, partout où il était en contact avec le cuivre, ce qui entraîna une diminution de moitié de son épaisseur. Bartholdi avait pourtant anticipé ce phénomène, et prévu une combinaison d'amiante et de poix pour séparer les deux métaux, mais l'isolation s'était détériorée plusieurs décennies auparavant. De nouvelles barres en acier inoxydable modelées remplacèrent les barres de fer, avec un film de téflon les séparant du cuivre pour une meilleure isolation et une réduction des frottements. De l'hydrogène liquide fut ensuite à nouveau introduit dans un processus cryogénique qui fut réalisée par l'entreprise du Michigan CryoTech (aujourd'hui disparue), afin de s'assurer que certaines parties de la statue étaient renforcées, et résisteraient longtemps après les travaux.
La structure interne du bras droit fut elle aussi retravaillée. Lors de la construction de la statue, il était décalé de 0,46 mètres sur la droite, et en avant par rapport à la structure centrale de Eiffel, et la tête fut décalée de 0,61 centimètres sur la gauche, ce qui faussa la charpente. Bartholdi aurait pris cette décision sans le consentement d'Eiffel en se rendant compte que le bras et le visage étaient trop proches. Les ingénieurs considérèrent les travaux de renforcement de 1932 comme insuffisants, et ajoutèrent une écharpe diagonale en 1984 et 1986 pour rendre la structure plus solide.
En plus du remplacement de la plus grosse partie du fer de la charpente par de l'acier inoxydable et du renforcement de la structure même de la statue, la restauration du milieu des années 80 incluait aussi le remplacement de la torche originelle par une réplique, la rénovation des escaliers internes, l'installation d'un ascenseur dans le socle, et l'amélioration du système de contrôle météo. La statue fut réouverte au public le 5 avril 1986, le lendemain du Liberty Weekend.
 
Le festivités du Liberty Weekend pour le centenaire de la Statue
La Statue fut déclarée monument national le 15 octobre 1924 et fut confiée au National Park Service le 10 juin 1933. En 1986, le centenaire de la Statue de la Liberté fut marqué par quatre jours de festivités appelés « Liberty Weekend ». Celles-ci commencèrent le 3 juillet avec une cérémonie d'ouverture tenue sur Governors Island, et s'achevèrent le 6 juillet dans le Giants Stadium de New York. Ces quatre jours de fête marquèrent la fin des restaurations de l'édifice menées depuis le début des années 80, sous la tutelle de la fondation Statue of Liberty-Ellis Island. Ces restaurations, dans lesquelles Chrysler fut impliqué, furent terminées juste à temps pour la cérémonie du centenaire, c'est pourquoi les différents acteurs des travaux rendirent hommage à la statue lors de ce Liberty Weekend.
La cérémonie d'ouverture, tenue le jeudi 3 juillet dans le port de New York et sur Governors Island attira de nombreuses célébrités, comme Gene Kelly, Gregory Peck et Steven Spielberg. Après plusieurs chansons interprétées entre autres par Debbie Allen, Neil Diamond et Frank Sinatra, le président de l'époque, Ronald Reagan prononça deux discours : une première fois au milieu de la cérémonie pour révéler les travaux sur la statue, et une seconde, à la fin pour allumer la torche de la statue, puis déclencher les feux d'artifice. Le 4 juillet, jour de fête nationale fut quant à lui célébré, toujours en présence du président américain, par une exhibition navale de navires de ligne et de grands voiliers dans le port de New York. Reagan aurait alors dit que le cortège auquel le public allait assister était aussi coloré que des feux d'artifices, et que Lady Liberty elle-même. Un concert fut donné dans la suite de la soirée, avec notamment la présence du compositeur John Williams. Le lendemain matin, l'épouse du président, Nancy Reagan prononça un discours marquant la réouverture de la statue au public, et le soir, un opéra fut joué à Central Park. Le 6 juillet, les cérémonies de clôture eurent lieu dans le Giants Stadium situé dans le New Jersey, mais proche géographiquement de la statue.
 
Les conséquences du 11 septembre
La Statue de la Liberté et, au second plan, les tours jumelles du World Trade Center sur le point de s'écrouler.La Statue de la Liberté et, au second plan, les tours jumelles du World Trade Center sur le point de s'écrouler.
Autrefois, il était possible de visiter l'intérieur de la Statue. Les visiteurs arrivaient par ferry, le plus souvent en provenance de Battery Park, et avaient la possibilité de grimper l'unique escalier en colimaçon qui s'enroule au cœur de la structure métallique. Étant donné que la statue est très exposée au soleil, il n'était pas rare que la température à l'intérieur du monument soit très élevée. Environ trente personnes à la fois pouvaient grimper les 354 marches conduisant à la tête de la Statue et à sa couronne. De là, il était possible d'apercevoir le port de New York, mais pas la skyline de Manhattan comme il est fréquent de le croire. Cela s'explique par le fait que le visage de la Statue est orienté en direction de l'océan Atlantique, et de la France, vers l'est. En outre, ce même panorama était relativement restreint étant donné que les 25 fenêtres de la couronne sont plutôt petites, la plus grande d'entre elles atteignant 46 centimètres de hauteur. Toutefois, cela ne décourageait pas les touristes, qui devaient en moyenne attendre trois heures pour pénétrer dans l'enceinte de la statue, sans compter l'attente au ferry et au guichet pour les tickets.
Après les attentats du 11 septembre 2001, l'île de Liberty Island où se situe la Statue fut fermée, avant d'être à nouveau ouverte au public en décembre de la même année. Le monument en lui-même ne rouvrit que le 3 août 2004, mais l'accès à l'intérieur de la statue demeure fermé depuis les attentats. À l'heure actuelle, seul le socle de dix étages et le musée qu'il abrite sont ouverts aux touristes, à condition que ceux-ci possèdent le Monument Access Pass (pass d'accès au monument). Il est possible de l'obtenir après une réservation deux jours au moins avant la visite, puis le récupérer avant d'emprunter le ferry. En outre, bien que l'intérieur de la Statue soit inaccessible, une baie vitrée située à l'intérieur du socle permet de voir la structure interne réalisée par Gustave Eiffel. Tous les visiteurs qui désirent se rendre sur Liberty Island sont en plus contrôlés de la même manière que dans les aéroports.
Le 9 août 2006, la directrice du National Park Service, Fran Mainella a annoncé dans une lettre adressée à Anthony Weiner, représentant de l'État de New York, que l'intérieur de la statue resterait fermé indéfiniment. Mainella déclare ainsi dans sa lettre que « l'actuelle réglementation des accès reflète une stratégie de gestion responsable dans l'intéret de tous nos visiteurs. »
 

Description et symbolique

Buste d'Hélios, détail d'un sarcophage romain du IIIe siècle. Les sept rayons de la Statue de la Liberté rappellent ceux portés par Hélios, divinité solaire de l'Antiquité
La Statue représente une femme en station verticale, vêtue d'une robe ample et coiffée d'une couronne comportant sept pointes, représentant les « Sept Continents ». Cependant, les sept pointes pourraient également symboliser les sept océans (Arctique, Antarctique, Atlantique nord et sud, Pacifique nord et sur et Indien). Le diadème fait aussi penser à celui que portait le dieu du soleil Hélios. En tout cas, Bartholdi n'a pas retenu l'idée du bonnet phrygien, symbole de liberté depuis l'Antiquité. La Statue tient dans sa main gauche une tablette, qu'elle garde près de son corps, alors que sa main droite contient une torche enflammée, maintenue en hauteur. La tablette évoque la loi ou le droit, alors que la torche renvoie aux Lumières. Les détracteurs de la Statue y ont vu un symbole maçonnique. La structure est recouverte d'une fine couche de cuivre, qui repose sur une énorme structure en acier (à l'origine en fer puddlé), à l'exception de la flamme qui est recouverte de feuillets d'or. La structure repose sur un premier socle de forme carrée, lui même posé sur un autre socle en forme d'étoile irrégulière à onze pointes. La hauteur de la Statue de la Liberté est de 46,5 mètres, hauteur qui est portée à 92,9 mètres entre la base du piédestal et la torche. La tablette, tenue dans la main gauche, évoque la loi ou le droit ; elle est gravée de la date d'indépendance des États-Unis, écrite en chiffres romains : JULY IV MDCCLXXVI. Les vingt-cinq fenêtres symbolisent quant à elles les vingt-cinq pierres gemmes. Au pied de la structure se trouvent des chaînes brisées qui symbolisent la liberté. La Statue est tournée vers l'est, c'est-à-dire vers l'Europe, avec laquelle les États-Unis partagent un passé et des valeurs.

 
Faits et anecdotes

Sauts en parachute et escalade
Le 2 février 1912, le réparareur de clochers Frederick R. Law a réussi un saut en parachute depuis le balcon entourant la torche de la statue. L'autorisation lui avait été donnée par le capitaine d'armée en charge de Liberty Island. Selon un article du New York Times, le cascadeur « serait tombé comme un poids sur une hauteur de 23 mètres, alors que la parachute ne montrait aucune intention de s'ouvrir au départ », avant de descendre « gracieusement » mais d'atterrir durement avant de s'éloigner en boitillant.
La statue sur une pièce commémorative de l'État de New York, « portail de la liberté ».
En 2000, le pacifiste Tito Kayak, de son vrai nom Alberto de Jésus, a escaladé la Statue de la Liberté et déployé un drapeau portoricain, afin de réclamer la pleine indépendance de l'île.
Le 23 août 2001, le Français Thierry Devaux fut arrêté alors qu'il entreprenait un saut en parachute depuis la flamme de la statue : après avoir amorcé son saut, il resta coincé sur la structure. La périlleuse opération de sauvetage nécessita l'intervention de cinq policiers pendant une demi heure, sous les yeux des touristes situés cent mètres en contrebas. C'était la seconde fois que Devaux entreprenait un saut depuis le monument, puisqu'il avait déjà été arrêté en 1994, après s'être caché dans la statue pendant la nuit ; il fut inculpé pour dégradation de la statue.

Les suicides
Le premier suicide enregistré sur la Statue de la Liberté remonte au 13 mai 1929. Le Times interrogea un témoin, qui expliqua que celui qui allait être identifié comme Ralph Gleason aurait rampé à l'extérieur depuis l'une des fenêtres de la statue avant de se retourner, comme pour rentrer, puis sembla glisser avant de tomber, en rebondissant sur la poitrine de la structure dans la chute. Le corps s'écroula alors sur une parcelle de pelouse au pied de la statue, à quelques pas d'un employé qui tondait la pelouse. 56 Six ans plus tard, en 1935, Jeffery Magee et Theodore Benz tentèrent de se suicider mais survécurent tous les deux, malgré des blessures sérieuses.



La légende du mot Gadget

Le jour de l'inauguration de la statue de la liberté, le 28 octobre 1886, l'entreprise Gaget Gauthier aurait distribué des miniatures de la statue aux personnalités présentes pour la cérémonie. Les invités se seraient ainsi demandés entre eux, et avec l'accent américian "Do you have your Gaget?", c'est à dire "Avez vous votre Gaget" ce qui aurait donné naissance au mot aujourd'hui très employé dans la langue française: gadget.



Chiffres 
 
46,05 m. La hauteur du sol au sommet de la base
92,99 m. La taille totale de la stucture, socle compris
5 m. La taille de la main
2,44 m. La taille de l'index
4,40 m. La hauteur de la tête
3,05 m. La largeur de la tête
0,76 m. La largeur d'un œil
1,37 m. La taille du nez
12,8 m. La longueur du bras droit
7,19 m. La longueur de la tablette
4,14 m. La largeur de la tablette
3,5 m. La longueur du plus grand
rayon de la couronne
200 En tonnes, la masse de la structure (125t d'acier,31t de cuivre)
40 Le nombre de personnes qui peuvent tenir dans la tête
3,5 Le nombre de mois nécessaires à l'assemblage de la structure
2,37 L'épaisseur en millimètres des plaques de cuivre
210 Nombre de caisses utilisées pour transporter la statue, démontée, de la France vers les États-Unis
343 000 Le coût estimé, en euros à la construction
12/07/1886 La date du premier rivet posé





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