JEAN YANNE

Publié le par nereides



23 Mai 1934:
Bonnie et Clyde sont abattus en Louisiane

 


 

JEAN YANNE




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Jean Yanne (de son vrai nom Jean Gouyé) est un
acteur, auteur, réalisateur, producteur et compositeur français. Il est né le 18 juillet 1933 aux Lilas (Seine-Saint-Denis). Il est mort d'une crise cardiaque le 23 mai 2003 dans sa propriété de Morsains (Marne).



Parcours

Il avait commencé des études de journalisme qu'il abandonna pour écrire des sketches de
cabaret. Ses condisciples du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris se souviennent de ses talents d'amuseur et de provocateur avec lesquels il mettait en révolution cet établissement.

Il commence une carrière de journaliste au Dauphiné Libéré, puis d'animateur à la radio au début des années 1960.

... La chanson

Il se lance également dans la chanson comme compositeur et chansonnier dans des émissions comiques avec
Jacques Martin, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, notamment un disque de rock sous le nom de "Johnny RockFeller et ses RockChild", avec des titres comme "J'aime pas le rock", "Le rock coco", "Saint Rock", en 1961; mais également des parodies comme celles des "Elucubrations" d'Antoine, écrites avec Jacques Martin: les Emancipations d'Alphonse, Les Revendications d'Albert, Les Pérégrinations d'Anselme, et les Préoccupations d'Antime (1966). Toujours à la recherche de son style, il écrira dans l'hebdomadaire L'Os à moelle, brièvement repris par Pierre Dac en 1965. Ces textes furent repris dans un recueil paru peu avant sa mort.

Avec
Jacques Martin il apparaît dans une émission de télévision, 1 = 3, très caustique pour son temps qui est arrêtée après 3 numéros (il y interprète son fameux dialogue sur Ben Hur). Mais passant à 20h30 sur l'unique chaîne de l'époque, les deux compères sont immédiatement connus de la France entière.


... Le cinéma

Sa carrière prend le tournant du cinéma en
1964 dans La vie à l'envers d'Alain Jessua. Il tournera dans des dizaines de films, en multipliant les seconds et premiers rôles. Il incarnait, avec une gouaille très parisienne et un humour grinçant, une figure de Français moyen, râleur, vachard, égoïste et roublard, mais avec un grand cœur.

Une confusion du public entre l'acteur et les rôles que celui-ci incarnait ne servit pas au début son image. Sa manière de plaisanter, agressive, débraillée, versant du vitriol sur des plaies ouvertes, tenant la compassion pour obscénité, choquait un peu la France de l'époque. Bref il fut viré de la radio (le film Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil en parle de façon romancée).

En
1967, il tourne Week-End de Jean-Luc Godard, puis se révèle véritablement en 1969 dans Que la bête meure de Claude Chabrol, où il incarne un homme intelligent, mais d'une absence de sensibilité qui le rend brutal. Il enchaîne avec Le Boucher de Claude Chabrol, où il se retrouve un inquiétant commerçant, amoureux et assassin. Avec Maurice Pialat, en 1971, il tourne Nous ne vieillirons pas ensemble où il incarne à nouveau son personnage d'insensible, et pour lequel il obtient le Prix d'interprétation au festival de Cannes.

Voulant changer de registre, et plutôt se tourner vers la comédie et l'humour satirique, il tourne ses premiers films à partir de
1972, dans lesquels il veut donner toute sa mesure à son esprit caustique, anticonformiste, parodique, et parfois à la limite du délire.

Il brocarde la radio qu'il connait bien avec le film Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil en
1972, la politique avec le film Moi y'en a vouloir des sous en 1973 et Les Chinois à Paris en 1974, le monde du spectacle avec le film Chobizenesse en 1975, et de la télévision avec le film Je te tiens, tu me tiens par la barbichette en 1978.

Il réalise ensuite une parodie de péplum, Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ en
1982 qui remporte un gros succès public, puis de nouveau une parodie du monde politique avec le film Liberté, égalité, choucroute, qui sera cette fois-ci un échec.

Pour ce fils d'ouvrier pourtant fin lettré, (il était également conseiller international en achat d'œuvres d'art), l'art n'était qu'un attrape-gogos. Il lançait sur RTL : « Quand j'entends le mot culture, j'ouvre mon transistor ».

Jean Yanne
oscillait entre deux faces d'un même personnage :

  • l'un se plaisant à jouer ce que Cabu nommait un « beauf »; il s'en donnait tellement bien l'allure que beaucoup l'assimilaient aux personnages qu'il incarnait, et pensaient que ses rôles n'étaient pas de composition. Lui-même se délectait sans doute de cette ambiguïté en pensant, pastichant Courteline, que passer pour un salaud aux yeux d'un imbécile est un plaisir de fin gourmet. Film typique : Que la bête meure.
  • l'autre, nettement plus positif, d'homme gardant les pieds sur terre quand tout le monde semble fou autour de lui, et ne se faisant guère d'illusion sur la condition humaine qu'il considère avec un détachement amusé. Films typiques : Tout le monde il est beau..., Êtes vous fiancée à un marin grec..., L'imprécateur, La raison d'État ou Les Chinois à Paris (ce personnage était déjà en germe dans La vie à l'envers). Dans ce style, Jean Yanne incarne tout à fait le Français moyen qui conserve son esprit critique, se moque bien de l'autorité, et à qui « on ne la fait pas », pour le délice de son public.



Il s'expatrie, en
1979, pour raisons financières, à Los Angeles (Californie), mais revient régulièrement en France, pour se ressourcer dans sa propriété de Morsains, petit village d'une centaine d'habitants en Champagne, entre Montmirail et Épernay ; pour apparaître dans des émissions de radio, comme sa chronique matinale sur RTL ; et pour tourner aussi au cinéma et à la télévision; la plupart de ses derniers rôles ressemblaient à ceux de ses débuts, mettant en scène des personnages râleurs et individualistes, mais au grand cœur.

Il fut également l'un des plus brillants sociétaires des Grosses Têtes, l'émission de Philippe Bouvard sur la station de radio française RTL. aux côtés de ses amis Jacques Martin et Olivier de Kersauson, se livrant à d'hilarants numéros d'improvisation.

Jean Yanne est également l'auteur du célèbre slogan Il est interdit d'interdire, qu'il prononça par dérision lors d'une de ses émissions radiophoniques du dimanche au printemps 1968, et qu'il fut tout surpris d'entendre repris ensuite au premier degré.

Longtemps considéré comme un simple amuseur, Jean Yanne prend avec le temps la dimension d'un authentique critique des travers et des ridicules de son époque, à la manière d'un
Molière au XVIIe siècle. Castigat ridendo mores...

... La bande-dessinée

Jean Yanne présente également une facette aujourd'hui peu connue du grand public, celle d'un scénariste et dialoguiste de
bande dessinée, en tandem avec le dessinateur Tito Topin. À leur actif, une série intitulée les Dossiers du B.I.D.E., parmi lesquels le premier volume, La langouste ne passera pas (Casterman, 1969), initialement publié en feuilleton dans les colonnes de l'hebdomadaire Télé 7 Jours.


... Le roman

Outre plusieurs recueils de bons mots, Jean Yanne, polémiste lettré, a écrit au moins un roman d'anticipation sur les dérives possibles de l'automobile :

L'Apocalypse est pour demain ou les aventures de Robin Cruso, paru en 1977 aux Éditions Jean-Claude Simoën, illustré par Cardon.


Filmographie


Réalisateur


Acteur de cinéma


Acteur de télévision


Citations, Aphorismes

  • " Je fais mon beurre en crachant dans la soupe."
  • " Pour bronzer en Bretagne , faut être aux Antilles !"
  • " Il est impossible de dire où finit le delirium tremens et où commence l'ambition politique."
  • "deli
  • " Plus je souris, plus j'ai l'air triste."
  • " Cambronne ne mâchait pas ses mots. Heureusement pour lui."
  • " Le cinéma n'est pas un art. C'est une opération industrielle qui consiste à transformer d'abord de l'argent en spectacle puis du spectacle en argent."
  • " Si Dieu a fait l'Homme à son image, il est moche."
  • " Dieu soit loué, meublé ou non."
  • " Il faut qu'une porte soit ouverte ou d'une autre couleur."
  • " Le Viagra, ils devraient le faire en suppositoire. Ca doublerait le plaisir de certains."
  • " La manipulation des élites est encore plus facile que celle des masses."
  • " Heureusement que Jésus Christ n'est pas mort dans son lit. Sinon, en Bretagne, il y aurait un sommier en granit à chaque carrefour."
  • " Je sais faire rire comme un plombier sait faire une soudure, ni plus ni moins."
  • " La Promenade des Anglais à Nice, c'est bien le seul endroit où les chiens glissent sur les crottes de vieux."
  • " La connerie, c'est comme le judo. il faut utiliser la force de l'adversaire."
  • " Pourquoi je vis aux Etats-Unis ? Par peur de la vieillesse. Là-bas, j'ai neuf heures de moins que moi..."
  • " Reagan ne se souvient plus d'avoir été président de la République. Giscard, lui, s'en souvient. Nous pas."
  • " J'adore les Césars.[...] Ah que c'est beau ! C'est trop, je souille mon linge. Encore, encore ! Des Césars, j'en veux d'autres ! Et pourquoi ne ferait-on pas le même genre de soirées avec autre chose ? Les impôts par exemple. On aurait cinq nominés par tranche d'imposition. Le gagnant serait exonéré. les quatre autres verraient leur impôt doublé. On pourrait faire ça avec les constipés. Sur cinq nominés, le premier qui réussirait à chier aurait un étron d'or. Ah non, je déconne. On ne pourrait pas. En matière de merde , M6 a déjà gagné avec le Loft."
  • " L'humour n'est jamais mal placé. Où qu'il se place, ça reste de l'humour."
  • " Je serais à la place des agriculteurs qui déposent du fumier devant les Mac Do, je me méfierais parce que les gérants vont finir par croire qu'il s'agit d'une livraison."
  • " Si Attila était vivant, il serait percepteur."
  • " L'argent ne fait pas le bonheur des convoyeurs de fonds."
  • " Tout le monde veut sauver la planète. Mais personne ne veut descendre les poubelles. "
  • "Si il y avait un impôt sur la connerie, l'êtat s'auto-financerait lui même"
  • "Si Jésus était mort empalé plutôt que crucifié, il n'y aurait plus que les paratonnerres sur les églises."


http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Yanne

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